Une étude mesure l’adhésion des patients hypertendus aux objets connectés

Paris, 29 novembre 2016 (TICsanté) – Les résultats préliminaires à cinq mois d’une étude sur le suivi observationnel de patients hypertendus par les objets connectés (Sophoc) présentés fin octobre à Berlin montrent que 63 % des patients utilisent encore un bracelet traqueur d’activité, et 60 % un tensiomètre connecté.

Initiée en décembre 2015 par l’Union de formation et d’évaluation en médecine cardiovasculaire (UFCV), filiale de formation du Syndicat national des spécialistes des maladies du coeur et des vaisseaux, l’étude Sophoc vise à démontrer l’acceptabilité des objets connectés de suivi de l’hypertension et à évaluer leurs apports dans la prise en charge de la pathologie.
Elle se compose de 50 patients choisis dans toute la France par 12 cardiologues libéraux. Les patients ont un âge moyen de 56 ans et 35 % d’entre eux ne connaissaient pas les objets connectés avant de participer à l’étude. Près de 8 % n’avaient jamais utilisé de smartphone ou de tablette auparavant.
Chaque patient a été doté d’un traqueur d’activité fourni par la société Withings et d’un tensiomètre connecté de la même marque, acheté par les cardiologues.
Les médecins ont installé sur le téléphone des patients l’application « Health Mate » de Withings afin d’enregistrer et de pouvoir suivre à distance les données concernant leur tension et leur activité. Les données collectées sont la date de naissance, le sexe, la tension artérielle, le nombre de pas réalisés au quotidien par le patient et son poids, rentré manuellement.
Les patients ont reçu chaque semaine un message sur leur application mobile encourageant la prise en charge globale de l’hypertension artérielle avec le rappel des mesures hygiéno-diététiques. Une visite à six mois, puis à un an, est prévue chez le cardiologue et la liberté d’utiliser ou non les objets connectés est laissée au patient.

« Nous avons voulu coller au maximum aux conditions de vie réelle des patients et donc les laisser maîtres de l’utilisation des objets et respecter la calendrier habituel des visites chez le spécialiste », a expliqué à TICsanté le Dr Elisabeth Pouchelon, en charge de l’étude.

Les résultats à cinq mois ont été présentés au congrès international eCardiology de Berlin organisé les 27 et 28 octobre derniers. Ils font apparaître une progression du nombre de pas moyen par jour de 4 467 à 5 785 et une légère baisse de la tension systolique moyenne passant de 136 à 134 mmHg.
« Deux patients ont arrêté d’utiliser les objets connectés car ils ont trouvé l’expérience trop stressante », a indiqué le Dr Pouchelon.
L’UFCV réfléchit actuellement à l’intérêt d’inclure davantage de patients à l’étude pour obtenir des résultats statistiquement plus solides, ou à poursuivre l’expérience au-delà d’un an.
« Si nous arrivons en fin d’étude à au moins un patient sur deux qui utilise encore ces objets connectés, nous aurons réussi à montrer leur acceptabilité », a estimé le Dr Pouchelon.
Quant à l’apport pour la prise en charge des patients, la cardiologue relève que des progrès en termes d’activité physique et de tension, « même faibles », pourraient avoir un impact sur la santé publique étant donné que l’hypertension « touche environ 20 % de la population ».
« Peu de personnes peuvent bénéficier d’un coaching très serré et les programmes d’éducation thérapeutique nécessitent d’importantes ressources financières et humaines », a-t-elle observé, jugeant que « les objets connectés ne coûtent pas si cher ».
Elle a tenu à souligner « l’indépendance totale de l’étude » vis-à-vis de la société Withings qui n’a fourni aucun financement et a laissé aux cardiologues « une liberté totale sur le protocole d’étude et la gestion des données ».
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